Withings fait payer la synchronisation de vos données vers Apple Santé, Google et Strava
Withings vient de transformer une fonction qui était gratuite en service payant. Depuis le 13 octobre, tout nouveau compte doit souscrire l’abonnement Withings+, à 9,99 euros par mois ou 99,99 euros par an, pour que ses mesures remontent automatiquement vers Apple Santé, Google Health Connect ou Strava. Sans cet abonnement, les données restent cantonnées à l’application maison.
La marque, c’est important de le rappeler, est française. Elle vend des balances connectées à partir d’une centaine d’euros, des montres et des tensiomètres, tout un petit écosystème pensé pour suivre son poids, son sommeil ou sa tension au quotidien. Jusqu’ici, ces appareils déversaient leurs chiffres dans Apple Santé ou Strava sans rien demander.
Le changement ne touche que les comptes créés à partir du 13 octobre. Si vous aviez déjà un compte Withings avant cette date, rien ne bouge : la synchronisation automatique reste gratuite, et elle le restera même si vous achetez une nouvelle balance ou une nouvelle montre demain. La facture ne concerne donc que les nouveaux venus, ceux qui déballent leur premier appareil de la marque cette semaine.
La montre santé maison de Withings, avec ECG et suivi du sommeil, c’est elle qui nourrit justement toutes ces données :
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Tout n’est pas verrouillé pour autant. L’export de vos données en CSV ou en PDF demeure gratuit, tout comme la fonction Health Link, Withings s’appuyant ici sur le droit européen qui impose la portabilité des données personnelles. La passerelle automatique vers les applications tierces, elle, n’a aucune obligation légale, et c’est précisément celle que l’entreprise a choisi de monétiser.
Forcément, ça passe mal. Beaucoup de clients ont payé leur matériel au prix fort, en partie pour cette intégration propre avec l’iPhone ou avec Strava, et découvrent qu’un nouvel appareil leur coûterait maintenant un abonnement en plus. Des capteurs concurrents font le même travail pour moins de trente euros, sans péage sur la synchronisation. La comparaison est cruelle.
Withings assume et défend sa logique : pour l’entreprise, la vraie valeur aujourd’hui, c’est la donnée, et elle estime investir en recherche quand d’autres acteurs exploitent les mesures des utilisateurs sans contrepartie. L’argument a le mérite d’être clair. Reste que faire payer l’accès de vos propres chiffres à vos propres applications, après avoir vendu le matériel qui les produit, a un goût un peu amer. Les anciens comptes respirent, les prochains acheteurs feront le calcul avant de passer en caisse.
Crédit photo : Susie Felber (CC0)