Starlink veut devenir un vrai opérateur mobile, et l’action d’Orange a déjà décroché
SpaceX a signé le 8 octobre un accord pour racheter tout un lot de licences de fréquences basses aux États-Unis. L’objectif est clair : transformer Starlink Mobile en opérateur mobile à part entière, au même titre que Verizon ou T-Mobile. L’opération doit encore passer devant le régulateur américain, la FCC.
Jusqu’ici, Starlink faisait de la téléphonie un peu par la bande, avec son service Direct-to-Cell rebaptisé Starlink Mobile. Le principe est simple : votre smartphone classique se connecte directement à un satellite, sans antenne ni boîtier particulier, quand il ne capte plus aucun réseau au sol. Pratique dans une zone blanche, en pleine montagne ou en mer.
Avec ce rachat de fréquences, Starlink change de dimension. Les fréquences basses portent loin et traversent mieux les murs, c’est exactement ce qui manque à une constellation de satellites pour couvrir un territoire entier. SpaceX exploite déjà une bande de 2 GHz et parle d’une nouvelle génération de satellites qui multiplierait la capacité par cent.
Côté matériel, la firme revendique environ 650 satellites capables de parler directement aux téléphones. Les modèles V3, lancés en septembre, encaissent dix fois plus de débit en réception que les précédents. On reste quand même sur des vitesses modestes, autour de 20 Mbps, loin des 2 Gbps théoriques de la 5G. C’est une solution de secours, pas un remplaçant du réseau mobile de tous les jours.
Pour rester joignable là où plus aucun réseau ne passe, le communicateur satellite de Garmin envoie déjà messages et SOS par les airs.
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Le marché, lui, a pris l’annonce très au sérieux. Les actions de T-Mobile, Verizon et AT&T ont perdu près de 6 % juste après. Et la secousse a traversé l’Atlantique : à Paris, le titre Orange a reculé d’environ 3 %. Les opérateurs voient débarquer un concurrent qui n’a besoin ni d’antennes relais ni de réseau au sol.
En France, rien ne bouge pour l’instant. Starlink ne peut pas se déclarer opérateur et vendre des forfaits comme il veut : chaque pays garde la main sur ses fréquences, et il faut un accord avec les autorités locales avant tout lancement commercial. Aucun partenariat avec Orange, SFR, Bouygues ou Free n’a été annoncé, et le Direct-to-Cell n’est toujours pas disponible chez nous.
Reste que la trajectoire est claire. Musk veut à terme que n’importe quel téléphone soit joignable partout sur la planète. Les opérateurs français ont encore le temps de voir venir, mais ils regardent déjà le ciel d’un autre œil.
Crédit photo : Starlink