Google rebranche le passé du web dans ses résultats de recherche
Le web a la mémoire courte. Une page disparaît, un site ferme, un article est modifié, et le contenu d’origine s’évapore. Google propose désormais un moyen simple de remonter le fil du temps directement depuis ses résultats de recherche.
Le moteur a intégré la Wayback Machine, le service d’archivage géré par l’organisation à but non lucratif Internet Archive. Cette gigantesque bibliothèque numérique conserve des copies de pages web prises à différentes dates, parfois sur plus de vingt ans d’histoire.
Le principe est limpide. À côté de chaque résultat de recherche, trois petits points donnent accès à un panneau d’informations intitulé À propos de cette page. C’est là que Google glisse désormais un lien vers les versions archivées de la page concernée.
En un clic, on accède donc à l’allure qu’avait un site il y a un an, cinq ans ou davantage. Pratique pour vérifier ce qu’affichait une page avant une modification, retrouver un contenu effacé ou simplement constater l’évolution d’un site dans le temps.
Cette nouveauté comble un vide laissé par Google lui-même. Pendant des années, le moteur proposait un cache, c’est-à-dire sa propre copie des pages indexées. Cette option a discrètement disparu, privant les internautes d’un outil bien utile pour consulter une page momentanément inaccessible.
En se tournant vers Internet Archive plutôt qu’en remettant son cache sur pied, Google offre une solution sans doute plus riche. Là où le cache ne gardait qu’une seule version récente, la Wayback Machine empile des dizaines, voire des centaines de captures pour un même site.
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Le partenariat profite aux deux camps. Google récupère une fonctionnalité appréciée sans avoir à maintenir une infrastructure coûteuse, et Internet Archive gagne une visibilité considérable auprès du grand public, qui ignorait souvent jusqu’à l’existence de cet outil.
Pour les curieux, les journalistes ou les chercheurs, c’est une petite révolution silencieuse. Vérifier qu’une déclaration a bien été publiée puis retirée, retrouver une promesse oubliée sur un site officiel, suivre la mue d’une page d’accueil au fil des années : tout cela devient accessible en quelques secondes.
La fonction a été déployée à l’échelle mondiale, sans manipulation particulière à effectuer. Si vous ne voyez pas encore le lien, c’est probablement une question de déploiement progressif, Google ayant l’habitude d’activer ce genre de nouveauté par vagues.
Reste un point d’attention. L’archivage dépend entièrement d’Internet Archive, une organisation qui vit de dons et qui a déjà connu des coups durs, entre cyberattaques et procédures judiciaires. La pérennité de cette mémoire du web n’est donc pas totalement garantie, même adossée à un mastodonte comme Google.
En attendant, l’internaute y gagne un réflexe simple et puissant. Le web oublie peut-être vite, mais il devient enfin beaucoup plus facile de lui rafraîchir la mémoire.
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